Nous avons déjà évoqués certains comportements critiquables, tant du côté du débiteur que du côté du créancier alimentaire. Il y a un cas fréquent que nous n’avons pas encore eu l’occasion d’aborder : de nombreux créanciers alimentaires prennent les enfants en otage pour contraindre le débiteur à payer une contribution alimentaire qui est objectivement trop élevée ou, tout simplement, pour faire pression afin de l’obliger à payer les parts contributives prévues dans une décision de justice.
Cette attitude qui consiste à mélanger l’obligation alimentaire avec le droit aux relations personnelles doit être condamnée. Certes, il n’est jamais agréable de voir un débiteur alimentaire ne pas respecter ses obligations à ce niveau, surtout lorsque le créancier se trouve en état de besoin. Mais ce n’est pas une raison suffisante pour lui refuser un droit de visite.
Il ne faut en effet pas perdre de vue le fait qu’il s’agit de deux choses différentes qui n’ont pas les mêmes finalités. Le droit de visite n’existe pas seulement en faveur du parent non gardien : il existe aussi et surtout pour les enfants ! Les enfants souffrent de la séparation de leurs parents. Il est important pour leur équilibre qu’ils conservent une relation régulière avec le parent qui ne les héberge pas à titre principal. Un litige financier entre les parents ne peut servir de prétexte pour remettre ce droit en question et perturber ainsi les enfants.
En outre, la non présentation d’enfant est, comme l’abandon de famille, un délit qui peut faire l’objet de poursuites pénales. On ne répond donc pas à une infraction par une autre infraction !
Enfin, il ne faut pas perdre de vue le fait que le parent gardien qui refuse le droit de visite de l’autre (parce que celui-ci ne paie pas régulièrement les contributions alimentaires, à moins que ce ne soit l’inverse), prend un risque : à force de nier le rôle de l’autre parent au mépris de l’intérêt des enfants, simplement pour avoir le plaisir de régler ses comptes, le parent gardien montre ses limites et, surtout, son incapacité à surmonter ses propres conflits au détriment de l’équilibre des enfants. Si le parent non gardien parvient à convaincre le juge qu’il est victime d’une aliénation parentale, le père ou la mère coupable de ces agissements pourrait très bien perdre la garde des enfants ...
Thierry SMETS
Avocat au barreau de Namur - LEGALEX Namur
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