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Qu’est-ce que le débit et le crédit ?



Le débit et le crédit sont les outils de fonctionnement de la partie double. Tout compte est divisé en deux colonnes, la colonne de gauche est le « débit », elle enregistre les augmentations d’emplois et les diminutions de ressources ; la colonne de droite est le « crédit », elle enregistre les diminutions d’emplois et les augmentations de ressources. Toute écriture en partie double consiste à porter la même opération, pour le même montant total, au débit d’un ou de plusieurs comptes et au crédit d’un ou de plusieurs autres comptes.

Exemple:

Supposons la séquence suivante du lancement d’un snack :

1° Apport en numéraire de 10 000 euros par versement sur un compte en banque,
2° Investissement pour 6 000 euros - payables à 60 jours - en équipement d’exploitation : achat machine à café, frigo, comptoir,
3° Premier loyer dû : 1 000 euros,
4° Première vente et paiement en espèces : 10 euros,
5° Paiement des équipements : 6 000 euros,

L’enregistrement comptable se présentera comme suit :

1° Débit Banque à Crédit Capital : 10 000
2° Débit Matériel à Crédit Fournisseur : 6 000
3° Débit Loyer à Crédit Bailleur : 1 000
4° Débit Caisse à Crédit Vente : 10
5° Débit Fournisseur à Crédit Banque : 6 000

En comptabilité, on ne procède presque jamais par soustraction, presque toujours par addition. Par conséquent, toutes les augmentations sont additionnées les unes aux autres ; de même, toutes les diminutions sont additionnées les unes aux autres. On parle de « compte débiteur » lorsque le total des montants portés au débit du compte considéré est supérieur au total des montants portés à son crédit (solde débiteur). Réciproquement, on parle de « compte créditeur » lorsque le total des montants portés au crédit du compte considéré est supérieur au total des montants portés à son débit (solde créditeur).

Certains comptes sont destinés à enregistrer les ressources financières de l’entreprise : par exemple, ses fonds propres, ses dettes et ses recettes. Ces comptes, logiquement, sont créditeurs. Au mieux, les dettes sont remboursées, sinon elles sont nulles ou positives, elles ne sont jamais négatives. De même, au pire, les recettes sont nulles, elles ne sont jamais négatives. La seule exception est le compte des fonds propres : en cas de pertes, les fonds propres peuvent devenir négatifs.

D’autres comptes sont destinés à enregistrer les emplois de ces ressources : par exemple, l’acquisition d’équipements, les créances envers les clients et les placements de trésorerie, ainsi que les charges, c’est-à-dire notamment les dépenses à fonds perdus. Ces comptes, logiquement, sont débiteurs. Au mieux, les créances sur les clients sont entièrement payées, elles ne sont jamais négatives. De même, au mieux les charges sont nulles, elles ne sont jamais négatives.

Un corollaire de la partie double est que le total des débits est toujours égal au total des crédits. Etablir la « balance » des comptes consiste à additionner tous les soldes débiteurs et tous les soldes créditeurs, et à constater que le montant total des deux colonnes est identique. Cette égalité montre que les enregistrements comptables sont réguliers du point de vue formel.

Les notions de débit et de crédit sont parfois source de confusion, parce que leur sens en comptabilité ne correspond pas parfaitement à leur sens dans le langage courant. Par exemple, lorsque je lis que mon extrait bancaire est débiteur, je constate que je dois de l’argent à la banque ; or, dans ma comptabilité, ce même compte bancaire est créditeur ! En réalité, la contradiction n’est qu’apparente : en ce qui concerne les créances et les dettes de somme, les notions de débit et de crédit expriment la position d’une personne chez une autre.

L’extrait de mon compte bancaire exprime ma position comptable chez la banque : dans la comptabilité de la banque, mon compte est débiteur parce que je dois de l’argent à la banque ; pour celle-ci, l’avance ou le prêt qui m’est accordé est un emploi de ressources, c’est donc une opération débitrice. Réciproquement, ce même compte bancaire est créditeur dans ma comptabilité, parce que ce prêt ou cette avance sont pour moi des ressources, donc des opérations créditrices.




Eric Causin
Avocat au barreau de Bruxelles - Bailleux & Causin





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